11 novembre 2010

Renaud, chargé d’opérations dans l’habitat social

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« Dans tous les autres boulots que j’ai fait, je me disais “je reste 2 ans et je me barre”. Là c’est la première fois que je me dis que j’aurais du mal à partir ».

 

Depuis 2 ans et demi, Renaud travaille pour Emmaüs Habitat, la branche de l’association spécialisée dans le logement social. Il gère des projets de construction ou rénovation de logements sociaux de la conception à la réalisation, tant au niveau technique que financier, en coopération avec les architectes et les bureaux d’études, les mairies et les collectivités locales ainsi que les locataires et les riverains concernés. Il se voit un peu comme « un chef d’orchestre ». Concilier le secteur du bâtiment, vers lequel le dirigeait ses études, et la dimension sociale lui a enfin permis, après plusieurs années à aller de job insatisfaisant en job insatisfaisant, de s’épanouir professionnellement.

 

Et ce n’était pas forcément gagné dès le départ. « Je n’ai jamais été très doué à l’école. Après mon BAC, je voulais faire une formation courte qui me donne direct un boulot derrière ». Il choisit un BTS génie civil pour être chef de chantier. C’est d’ailleurs le poste qu’on lui propose à l’issue de son stage de fin d’étude. « J’ai dit non. J’avais 19 ans, j’étais très jeune, ça m’angoissait d’avoir une vie toute tracée. En plus ils me proposaient un bon salaire, de bonnes conditions, j’aurais eu du mal à en sortir… ».

 

Lui qui n’avait pourtant jamais aimé les études décide de les reprendre. Il fait un DEUG d’histoire, « la matière que j’avais eu le moins de mal à apprendre au lycée ». Et y prend sérieusement goût. « Moi qui n’avais jamais été un élève consciencieux, je faisais taire ceux qui parlaient dans l’amphi ! J’étais là pour apprendre ». Il se spécialise en 3e année en sociologie, puis fait une maîtrise de sociologie urbaine. « J’étais passionné par la constitution des villes et en particulier l’étude de Paris ». C’est naturellement vers des études d’urbanisme qu’il se dirige ensuite, ce qui lui permet de renouer avec l’aspect technique de sa première formation. « J’ai fait des stages en Thaïlande et en Syrie, j’ai rencontré plein de gens, c’était des années magnifiques ! » Et une belle revanche sur ses catastrophiques années collège et lycée.

 

Mais ses débuts dans la vie professionnelle se révèlent chaotiques. « J’ai enchaîné les CDD mal payés, dans un bureau d’études urbanistiques, puis à l’OPAC de Paris. Ce n’étaient pas des boulots enrichissants, on ne nous demandait aucun esprit d’initiative. J’avais l’impression qu’on était tous interchangeables ». Il refuse un énième CDD et se retrouve alors sans emploi pendant 6 mois. Cela lui donne l’occasion de réfléchir à ce qu’il a vraiment envie de faire.

 

« J’avais baigné dès tout petit dans le milieu social, avec un père éducateur et une mère psychologue. En parallèle de mes études, je faisais du bénévolat. J’avais besoin de retrouver cette dimension d’utilité sociale dans mon travail ». C’est alors qu’il postule chez Emmaüs Habitat. Et en est comblé au-delà de ses espérances ! « J’ai une grande autonomie pour mener mes projets, j’ai de la reconnaissance et en plus j’ai l’impression que j’apporte quelque chose. Ça me passionne. Je n’ai jamais été un foudre de guerre, mais là j’ai envie de déplacer des montagnes !».

 

Posté par lucie2warens à 13:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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